Les bombardements de août 1944:

Durant la période du 2 août au 20 aoûts 1944 , la ville du Pouzin a été bombardée quatre fois avec plus ou mois de succès .Il était capital pour les alliés de bloquer le passage des renforts allemands destinés à une contre-attaque pour rejeter à la mer , les armées alliés après le débarquement en Normandie ; mais aussi de détruire ou d'immobiliser le train blindé en poste à La Voulte et au Pouzin . qui était armé entre autres de canons antiaériens . Les objectifs visées furent aussi les suivants :

- Le 6 août , le dépôt de carburant de la société "La Mure" .

-Le 16 août, le pont suspendu sur Le Rhône .

-Le 20 août : les viaducs du chemine de fer et le pont de pierre sur la rivière l'Ouvèze .

- Mercredi 2 août à 11 h 30 : 24 super-fortesses volantes larguent à une altitude de 7800 mètres en visant le pont routier qui enjambe le Rhône ( 1 mort , Georges Monteil 15 ans ) .

- Dimanche 6 août à 10 h 47 : bombardement des voies de communication , du dépôt de carburant .

10h47 : pont ferroviaire du Pouzin attaqué par 27 bombardier B17 qui larguent d'une altitude de 7000 mètres . D'après les comptes rendu opérationnels , objectif atteint . Mais 36 morts et 4 blessés sont à déplorer dans la population . 250 maisons sont endommagées et 160 dont l'église , le temple ; les écoles sont entièrement détruits .

11h12 : 28 B17 viennent à nouveau sur Le Pouzin et s'en prenne cette fois ci , au dépôt de carburant d'une altitude de 7000 mètres . Des bombes tombes sur la gare , les voies de garage et les entrepôts .

16 août: 3ème bombardement du Pouzin : le pont suspendu sur Le Rhône est particulièrement visé . Attaque en piqué par les chasseurs bombardiers .

20 août : 4 ème bombardement , peut être le plus précis ? Les bombardiers atteignent les voies ferrées , les viaducs de chemin de fer et le pont routier sur l'Ouvèze . Quatre membres du CDL ( Comité de Libération) venus prélever du carburant sont surpris . L'explosion et l'incendie d'un réservoir , sont la cause de la mort de l'un d'eux . Il s'agit de Camille Dejongue , âgé de 60 ans , d'origine belge , chauffeur au CDL .

 

LES VICTIMES :

MONTEIL Georges

FAURE Jeanne

DESANY Germaine

DESANY Marthe Denise

GROS Louis

GROS Marie née POURCHAIRE

SOUILLOL Louise

COULOMB Odette

BOUCHET Simone

OSSELLAME Angelo

PIAUD Louis

AIME Georges

BERGER Emma épouse LIOZON

CRU Emma veuve RISTE

SAVINAS Aima veuve RISTE

ESCOFFIER Jacques

REYNIER Marie épouse ESCOFFIER

ESCOFFIER Geneviève

VERD Benoit

LASCOLS Louise veuve AGULHON

JULIEN Marie épouse Paul FAURE

THUILE Léonce

SUCHIER Charles

RISOLO Perrine épouse ROCCHIA

MOURIER Marie Amélie épouse VAUCANSON

PUAUX Aima épouse PALIX

LUQUET Marie épouse BADON

LABEILLE Henri

KROWA Joseph

PIZON Albert

RENOIR Eugène

ARGAUD Marcel

DEMARD Yves

FEUILLET Alix veuve CHAPOTON

BRUNET Léa née VALAYIER

GANDILLET Françoise

DEJONGUE Camille

PLANET Louise

ROBERT Paul

Mme VIOUX

PRALY Charles

LAYE Louise

SALQUE Maurice

ALIZON Louise

Furent grièvement blessés au cours de ces bombardements :

Mounier Alice veuve Demard Yves ( amputée de la jambe droite)

Gounon Léa épouse MAURY ( amputée du bras gauche)

Piovesan Victoria (amputé du bras gauche)

Desany Edouard (amputé du bras droit)

Crimier Edmond .


L'action de résistance du Pasteur BREMOND :

Peu de personnes se souviennent de Monsieur et Madame Brémond , et encore moins de leur action dans la résistance . Monsieur était Pasteur au Pouzin de 1936 à 1943 .

En relation avec le brigadier de gendarmerie , ils cachait les juifs . Voici quelques extraits de son livre " Sur le chemin du renouveau " .

< Le brave brigadier du Pouzin protégeait les juifs . Nous en avions caché quelques uns dans les fermes de la campagne . Le brigadier savait parfaitement ou ils étaient . Lorsqu'il reçut de Vichy l'ordre de les livrer , il passa la veille au soir chez chacun d'eux et leur dit < demain matin entre six et sept heures , je viendrais vous arrêter> . Le brigadier qui avait à son actif d'autres actes de résistance fut tué par les allemands .

Oui ce temps , était un temps de souffrance morale et physique . Oui nous connaissions la faim avalisante . nous passions des heures à ramasser dans les vignes , des poireaux sauvages et des graines de vesce dans les prés . nous séchions pour l'hiver des feuilles de tomate et de carotte .

A la débâcle , Le Pouzin a vu arriver par le train , environ deux cent Belges . Le maire vint me voir et me dit : < venez Monsieur le pasteur , il y a un couple avec leur fille de douze ou treize ans , nous ne savons pas quelle langue ils parlent .

Je vis cet homme et cet femme et l'adolescente et compris qu'il parlait Polonais , tantôt Yiddish . C'était un tailleur de Varsovie. Nous leur trovames un petit logement et je donnais un mien de costume à retourner comme on faisait en temps de guerre . . Il se révéla très adroit . Alors tous les pasteurs de la région le firent travailler ainsi que les instituteurs et les gendarmes pendant deux ans . On vit un jour des affiches sur tous les murs qui annonçaient : - " Tous les étrangers qui ne peuvent produire de contrat de travail avec un patron Français doivent se présenter à la kommandature à Privas .

Je montais à préfecture et exposait la situation à un employeur supérieur dont je savais qu'il était "résistant " . Il me demanda si il y avait au Pouzin un patron tailleur . Je répondi négativement , il réfléchit et tout en me regardant me dit < Monsieur le Pasteur , voulez-vous que je vous inscrive comme tailleur de pierre . J'acceptais et à partir de ce jour je reçu , chaque fin de mois , quatre formulaires ( rose , bleu , jaune , et vert ) que je renvoyais après avoir indiqué le nombre de pantalons , vestons , de gilets mon ouvrier avait fabriqué . Combien de jours il avait chômé , combien je l'avais rémunéré et je signais Arnold Brémond Tailleur au Pouzin > .

Le Pasteur Brémond dut s'absenter trois jours , la Gestapo et des miliciens Français en profitèrent pour emmener le couple de tailleur Polonais . Voici ce que raconta le pasteur : ils laissèrent la fille , Judith sur le trottoir car née à Gaza en Palestine il avait un passeport Anglais . On ne revit jamais le couple et nos recherches furent vaines et l'on pense qu'il furent gazés à Auschuitz .

Quant à Judith elle se réfugia à la gendarmerie et le brigadier nous l'emmena le matin vers six heures .Nous la cachames quelques jour et l'envoyames à Gluiras chez un collègue . Plus tard elle put rejoindre Genève d'où ellle put s'envoler vers l'Israël .

Elle est venu nous revoir à Dieulefit au printemps 1979 , avec sa fille et insista pour que nous la conduisions au Pouzin et ce fut très émouvant pour elle ainsi que pour nous .

Les Allemands s'étaient aperçu de notre action vers la résistance et nous dumes déguerpir à Dieulefit ou nous nous cachames . C'était dangereux , on nous recherchait et nous dumes passer en Suisse par les barbelés . Périlleuse aventure !!!!!!

C'est à Genève ou il s'était réfugiés que la famille du Pasteur apprirent le bombardement au Pouzin . Voici ce qu'il a écrit : < nous étions abattus ! Les chose s'étaient passés le 6 août 1944 , un dimanche matin à l 'heure du culte et de la messe . Le Pasteur qui me remplaçait alors qu'il fermait la porte du temple , ayant eu le temps de congédier les paroissiens fut projeté dans la rivière Ouvèze à six mètres en dessous de la route de Privas par le souffle puissant de la bombe . Il s'en est sorti sans grand dommage avec le dos labouré par des éclats d'aciers .

Ce sont les Américains , qui averti par le maquis avait voulu faire " sauter " les ponts sur Le Rhône , l'Ouvèze , le dépôt de carburant ou les Allemands avaient stockés tous ce qu'ils avaient pu récupérer dans le sud de la France . Avec leurs avions lourds , ils avaient largués des centaines de bombes puissantes à une altitude très élevée . Ils ont manqué l'usine mais pas notre village . Hors le lendemain , un avion Anglais en piqué a détruit le stock .

Pauvre pouzin ! Oui quatre vingt pour cent des maisons éffondrées . Le grand clocher de l'église catholique était tombé exactement sur un de mes paroissiens qu'on ne retrouvera que trois mois plus tard en déblayant le tas de pierres énormes .

On ne retrouvera plus non plus les traces d'une vieille femme de la paroisse ,qui était dans sa maison rue du bourg , car en lieu et place de sa demeure avait pris place un entonnoir de six mètres de profondeur .

Pendant ces années de guerre , Monsieur et Madame Brémond ont beaucoup donné d'eux même . Parent de quatre enfants , ils ont pris en charge une toute jeune fille sérieusement handicapée suite à un accident . Ils l'ont gardé de longs mois dans leurs foyers , lui donnant les soins nécessaires . Leur porte était ouverte à tous , et souvent ils partageaient leur repas avec les plus démunis . C'était l'époque des restriction .

Les années ont passé mais qui se souvient d'eux ? .............. Et pourtant

ARNAUD Alice

Extrait du livre "6 aout 1944"

 

 

 

 

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